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Auteur : Nina CARLOTTO - Thu, 25 Apr 2019 12:19:15 +0000
ABAT Gérald Jean-Marie 

À Gérald ...

Gérald Jean-Marie
ABAT

Né le 19/08/1953
Décédé le 13/11/2018

À Gérald

Quand le cœur se souvient


Comme une mer assombrie sous la masse immobile de nuages lourds, robuste et rebelle dans les éléments perturbateurs de la tourmente, quand s’abat sur elle la pluie, un tumulte inaudible éveille les images de ma vie qui s’obscurcissent dans le marécage de mes amours où, comme des oiseaux sauvages pris dans des pièges inconnus, elles vont s’enliser dans le ténébreux marasme du cœur quand il est endolori. Cette mer d’amour, de soleil et d’orages semble, pourtant, crier clémence à ce ciel dont elle connaît les ruses et les bontés. Ainsi, telle la mer, l’amour hurle aux vents, au soleil, aux orages l’inquiétude des cœurs vaincus et essoufflés par les tempêtes des sentiments dévastateurs. Un torrent intérieur, tumultueux, rugit et frappe contre les rochers de l’incertitude, de la jalousie, de l’infidélité, de l’abandon, quand le cœur emplit d’écume bouillonnante se charge de haine, de rancune, de joie et de bonheur. Une houle irréfrénée monte de l’âme et jaillit resplendissante sous l’arche des cieux redevenue bleue, parce qu’apaisée.

L’amour qui brûle dans ma vie s’enflammera-t-il, de nouveau, dans l’au-delà mystérieux ? Verra-t-il le monde d’en bas plus beau, plus brillant, plus humain ? Mon cœur, cet écorché vif qui pleure et saigne, implore déjà la grâce qu’il entrevoit dans le scintillement de l’étoile qui tend ses branches lumineuses, afin que s’illuminent dans une autre vie tous les espoirs qui, en lui, auront brillé et que plus jamais la blessure de l’amour ne l’atteigne dans le calme des Solennelles Immensités.

Souvent, le soir, je me rappelle son visage,
Et son regard qui éclairait mon sombre cœur,
N'est plus qu'un ciel gris où de pensifs nuages
Se souviennent aussi de ce que fut mon bonheur.

Ces rêveries en l’esprit, ô douce bohème !
Se perdent dans les brumes d’un sommeil trompeur,
Et palpitent en elles, quand ces deux mots : je t’aime,
Frappent doucement à la porte de mon cœur.

Ainsi, quand meurt le temps séduisant des chimères,
Puisque tout passe en ce monde, comme les jours,
L’amour, ce feu de l’âme où flambent les beaux jours,
Est goût de larmes mêlées à nos songes amers.

Je sens grandir, dans le sein de la nuit, son ombre,
Comme a grandi dans le mien sa clarté aimée,
Ce beau rayon d’amour vivant qu’il a semé,
Je l'ai gardé au fond de mon cœur, ce puits sombre !

Ses mots chuchotent, comme de fidèles amis,
En mon esprit, en mon être, qui lentement
Élèvent leurs anciennes ardeurs au firmament,
Quand bien même ceux-ci paraissent endormis.

Ses beaux sourires qui allumaient mes ténèbres,
Comme une aurore qui s’ouvre de toutes parts,
Ont fait briller mes yeux, hélas ! à son départ,
Ils se sont éteints au soir de l’adieu funèbre.

Dans mes longs soupirs qui ne l’entendent plus rire,
L’aube, cette amante du jour, ne le voit plus,
L’espoir, ce galant dans la nuit, ne l’entend plus,
Et comme l’éclair qui fuit, j’esquisse un sourire.

Tandis que consolée par mes chants d’illusion,
Ces spectres d’amour, qui errent dans ma mémoire,
Traversent, comme un souffle angoissé, la nuit noire,
Leurs voix se perdent dans de saumâtres visions.

Comment fuir son nom, ces mots qui sont mon supplice ?
Encore un peu de lui, encore un peu de ses yeux,
Dans mon temps triste, je revois ses airs joyeux,
Quelle est donc l’énigme de ce doux maléfice ?

Amour ! Roi dans le règne de l’homme, il brille !
Dans les regards, sur les bouches, que de tendresse,
Dans la nuit, sous le dais doré, que de caresses,
Mais, dans les cœurs, que de souffrances, quand ils crient !...

© Nina Carlotto 2013
ISBN 978-2-7466-6257-5
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