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Auteur : Sylvie CRÉPIN - Mon, 24 Apr 2017 17:18:12 +0200
DOTRANGE Madeleine

Madeleine
DOTRANGE


Madeleine
DOTRANGE

Récit


La vie bien remplie d'une femme au grand cœur.


Récit de la vie de Néné Le Robert le 22 Octobre 2003.

Madeleine Dotrange est née le 4 Mai 1911 à Hautmont, dans le Nord, d’Augusta Ronflette* et d’Eugène Dotrange*. Elle fut leur premier enfant. Ce superbe bébé a été allaité par une nourrice. Elle a ainsi profité d’un bon lait que sa Maman ne pouvait lui donner. Elle avait trois ans à la déclaration de la guerre, quand son père dû partir. Le frère de sa maman, resté célibataire toute sa vie, vivait avec eux depuis le décès de leurs parents. C’est lui qui prit en charge Augusta et Madeleine, dont il était le parrain. Étant exempté du service militaire, il travaillait comme comptable dans une des nombreuses usines de cette ville industrielle. Avant l’invasion allemande, il a été prié de rejoindre son poste dans son usine évacuée, à Limoges, puis Rouen et finalement Paris. Pendant cette triste période, il lui a servi de père et a beaucoup compté pour elle toute sa vie. Il l’a gâtée et élevée comme une princesse. Rien n’était trop beau pour elle, tant au niveau des vêtements que des jouets. Il lui a même offert un mouton grandeur nature. Paradoxalement, bien que séparée de son père, la guerre fut pour elle une vie de rêve. Son parrain l’emmenait très souvent au Gaumont Palace, place de Clichy, voir les films de Charlot. À la sortie, il lui achetait une tarte au riz à la Pâtisserie Bruxelloise.

À la libération, en 1918, son père est venu les retrouver rue Vintimille à Paris dans le 9ème arrondissement, où ils habitaient. Ils repartirent tous les trois à Hautmont, dans leur maison construite avant la guerre et à peine terminée. Son parrain, lui, est resté. Ce fut un changement de vie brutal. Son Papa repris alors son éducation, comme il l’aurait fait s’il n’y avait pas eu la guerre. Il y eut des heurts entre eux. Malgré tout, elle aimait son père, auquel elle ressemblait beaucoup.

Le 25 Août 1919, sa petite sœur est née, venant agrandir le cercle familial. Étant de huit ans son aînée, Madeleine l’a prise toute sa vie sous sa protection.

Très jeune, elle prit des leçons de piano et s’est très vite démarquée dans cette discipline. Son parrain, ayant retrouvé son poste d’avant guerre dans une des 22 usines de cette ville de province, lui a offert un piano. Ainsi elle put s’exercer quotidiennement à faire ses gammes. Elle a passé tout au long de sa vie d’adolescente et sa vie de jeune fille des concours à Bruxelles. Elle en revenait toujours victorieuse. Tout le monde, parents et amis, l’attendait dans la maison familiale car à chaque fois c’était l’occasion d’une grande fête. Elle vouait une admiration toute particulière à Frédéric Chopin. Elle aurait pu enseigner le piano, mais elle n’avait pas la patience nécessaire et ne supportait pas d’entendre mal jouer. Ses études l’ont menée au certificat d’études.

Madeleine fut une belle jeune fille, insouciante, qui ne semblait s’attacher à aucun de ses nombreux admirateurs. Lors du mariage d’une de ses amies, elle eu comme cavalier, un fils de riches commerçants de la rue principale de Maubeuge (ville voisine). Il ne l’a plus quittée, jusqu’à la fréquenter. Il avait une belle voiture, Citroën 5 places, à cette époque, ce n’était pas si courant, car bien souvent réservée aux chefs d’entreprises, directeurs d’usines et médecins. Très épris, il l’a demandée en mariage. La cérémonie en grande pompe eut lieu le 10 Octobre 1932. Le mariage a tenu un an. Elle avait une très forte personnalité et lui, n’était pas très courageux. Le divorce fut prononcé, bien qu’à l’époque, c’était une catastrophe, surtout pour ses parents.

Suite à cela, elle est allée travailler à Maubeuge, plusieurs années, chez une modiste. Ce métier lui convenait parfaitement, ayant un goût certain pour trouver à chaque cliente le chapeau idéal. Suite à la fermeture du magasin, elle est retournée vivre chez ses parents. Sa petite sœur était maintenant une jeune fille. Elles partagèrent de bons moments ensemble, dans la gaieté et l’ambiance chaleureuse de la maison. Cette complicité faite de farces et de fous rires ne les a jamais quittée.

Elle fit la connaissance d’un monsieur divorcé. Il élevait seul ses deux enfants, un garçon de 15 ans et une fille de 12 ans. À cette période, sa sœur se maria et partit vivre à Paris avec son Mari. Ce départ laissa un grand vide pour Madeleine. Son second mariage eut lieu en Septembre 1939. À la déclaration de la deuxième guerre, son mari fut mobilisé à la SNCF où il travaillait. Ils logèrent dans une maison près de la gare. Sa sœur, sur le point d’accoucher et privée de son mari, appelé sous les drapeaux, est revenue vivre chez leurs parents. Elle accoucha d’une jolie petite fille dont Madeleine fut la Marraine. Elle aimait les enfants et ce fut une joie pour elle de s’occuper de ce nourrisson. C’est aussi avec beaucoup de cœur qu’elle a élevé la fille de son mari. Le fils lui, ne tarda pas à quitter leur maison.

Son père est décédé fin Novembre 1940 et son parrain en Juin 1944.

La guerre finie, sa Maman, sa sœur, son beau-frère et leur fille retournèrent vivre à Paris. La coïncidence voulut qu’ils habitèrent rue Vintimille, à quelques mètres d’où Madeleine avait vécu, chez son parrain, pendant la première guerre. C’est d’ailleurs à cet endroit, lors des retrouvailles entre son père et sa mère, que fut conçue sa petite sœur. Elle fit très régulièrement des allers-retours entre Hautmont et Paris pour rendre visite à ceux qu’elle aimait. La famille s’est de nouveau agrandie avec l’arrivée en 1947 d’un neveu.

À 35 ans, elle fit la rencontre de l’homme de sa vie et découvrit enfin ce qu’était l’Amour. Celui-ci brisa son deuxième mariage, mais pour elle ça n’avait pas d’importance, tant elle aimait cet homme là, et il en fut ainsi jusqu’au dernier jour de sa vie. Elle ne vécut jamais avec lui, car il n’était pas libre. Ils eurent une relation passionnelle pendant quinze ans, jusqu’à la mort de ce monsieur.

Étant très courageuse elle a travaillé pour se suffire et acheter la maison qu’elle habitait. Elle prenait en charge le blanchissage du linge de quelques familles.

Sa Mère est décédée en Avril 1960 à Paris chez sa sœur. Pendant ce temps, sa nièce, mariée avec deux enfants en bas-âges se retrouva seule pour les élever. Elle courut spontanément à son secours et s’installa chez elle, à Villennes sur Seine dans les Yvelines. Elle mit tout son cœur pour élever ses deux enfants âgés de 3 ans pour le garçon et d’un an et demi pour la fille. Elle fut aidée dans cette tâche par sa sœur et son beau-frère qui habitaient la maison voisine. Elle consacra les dernières années de sa vie à l’éducation de ses petits neveu et nièce jusqu’à leur majorité, au soutien et au réconfort dont avait besoin sa nièce, et à partager une vraie vie de famille avec sa sœur et son beau-frère. Tout le monde autour d’elle lui a été reconnaissant du sacrifice qu’elle avait fait. Sa mission s’arrêta le 15 Avril 1984, puisqu’elle nous a quitté, emportée par une hémorragie cérébrale.




Caractère :

Madeleine était une bonne vivante et d’un tempérament très gai. Elle se mettait facilement au piano pour faire danser les invités dans les réunions de famille. Elle aimait aussi faire des farces à son entourage, sauf les dernières années de sa vie où elle prenait mal de vieillir, elle qui avait toujours été une force de la nature. Elle n’a jamais été riche, mais elle était très généreuse. Quelques vieilles dames de l’hospice d’Hautmont venaient lui rendre visite régulièrement. Elle leur offrait le café et quelques gâteries, confiture, bonbons et gâteaux qu’elles remportaient avec elles. Elle était très liante, pas sauvage du tout, l’amitié facile. Elle était passionnée de jeux de cartes, la belote en particulier, qu’elle partageait avec de nombreux amis, car on était très bien accueilli chez elle, chaleureusement et généreusement.

Madeleine était très courageuse. Aucun travail ne la rebutait, elle avait la force nécessaire.

Elle avait un caractère plutôt autoritaire, bien trempé et entier, mais tellement dévouée qu’on lui pardonnait. Elle aimait cuisiner et se distinguait dans ce domaine. Sa spécialité était le gâteau moka qu’elle réussissait comme personne.

Sa vie fut remplie d’actes de dévouement et de générosité envers sa famille et ses amis. Elle n’a pas eu d’enfants, mais quel cœur elle a mis dans l’éducation de sa belle-fille, et de ses petits neveu et nièce ! Elle aimait les enfants et tous les enfants l’aimaient.

Les dernières années de sa vie, elle s’était attachée à sa chienne « Cathy » et son chat « Faneth ». Cathy est morte six mois avant elle. Elle en a eu beaucoup de chagrin.

Anecdote :

Quand Madeleine était petite-fille, sa Maman lui a demandé d’aller dans la cuisine pour remuer la soupe qui était en train de mijoter sur le poêle, et de rajouter à celui-ci une pelletée de charbon. Pensant sûrement à autre chose, elle mit la pelletée de charbon dans la soupe et s’aperçu de son erreur quand il a fallu remuer le poêle…












Modifié le 27/10/2006
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