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Auteur : Jean-Jacques BARON - Fri, 21 Jul 2017 18:34:44 +0200
LION Elisabeth

Elisabeth
LION


Elisabeth
LION

Sa Biographie


L'époque des Héroïnes


Née à Balan dans les Ardennes en 1904, d'un père militaire de carrière et d'une mère originaire de cette ville, Clothilde Marie Elisabeth Lion passe son enfance bourgeoise à Sedan jusqu'en 1914. Au début de la grande guerre, sa famille se réfugie à Saint-Malo et un an plus tard à Paris.

Elisabeth partage son adolescence et sa vie de jeune femme entre les études, le piano, le tennis, le patinage, la natation, puis les réunions mondaines.

Une vie bourgeoise bien établie qui est chamboulée par un baptême de l'air sur l'aérodrome de la société Caudron à Guyancourt. A cet instant, Elisabeth Lion n'a plus qu'un objectif : devenir aviatrice.

Il faut dire que la jeune Elisabeth regroupe toute les qualités pour ce métier qui fait rêver les hommes, et qui à l'époque est un véritable symbole pour "la liberté et l'égalité de la femme". D'un calme olympien en toute circonstance, son visage impénétrable cache, malgré une extrême timidité, une volonté de fer.

Elle suit alors des cours de pilotage avec Clément et Franco, pour obtenir en 1934, pour ses 30 ans, son brevet de pilotage.

Et depuis, elle ne cessera de voler et d'engranger les succès.

5 juillet 1936, Elisabeth fini deuxième au classement général des "Douze Heure d'Angers", et première au classement féminin.

Le 29 août de la même année, elle remporte le coupe "Hélène Boucher" dans la course aérienne Paris-Canne.

Le 31 décembre 1936, Mlle Lion décroche son brevet de transport aérien, alors même que l'administration française refuse les pilotes féminins dans les compagnies aériennes.

Le 2 septembre 1937, elle s'apprête à effectuer un Paris-Berlin-Paris, lorsqu'entre l'aéroport du Bourget et celui de Guyancourt, une panne sèche la surprend à la verticale de la basilique Saint-Denis et l'oblige à se poser en catastrophe sur un terrain de culture maraîchère tout juste arrosé. Ce "bain de boue" n'entame pas son moral et elle s'envole comme prévu pour l'Allemagne.

Le 27 décembre 1937, Mlle Lion bat le record féminin d'altitude en atteignant 6410 mètres à bord d'un monoplan Caudron C600 Aiglon.

Le 30 et 31 décembre 1937, c'est 2 records du monde d'altitude qu'elle pulvérise :
- l'un dans la catégorie multiplace à 5811 mètres,
- l'autre dans la catégorie des 2 litres à 4372 mètres.

Le 5 mars 1938, Elisabeth accomplit un tour de France sans escale en 10 heures et 15 minutes.

Le 8 avril 1938, elle effectue un Paris-Tunis-Paris (3500 km) en 18 heures et 15 minutes.

Le 13 et 14 mai 1938, Elisabeth Lion bat à bord de son Caudron C600 Aiglon (matricule F-ANSK), avec un moteur Renault de 100 Cv, le record de distance féminin en ligne droite dans la catégorie monoplace de l'américaine Amelia Earhart. Elle parcourt d'une traite 4063 kilomètres. Partie à 9h30 de l'aéroport d'Istres, elle atterrit 21 heures plus tard à Abadan en Iran. Mlle Lion se classe ainsi parmi les grandes aviatrices dans le monde de l'époque.


Sur l'aéroport de Istres avant de décoller pour son record du monde*
Sur l'aéroport de Istres avant de décoller pour son record du monde*
Sur l'aéroport de Istres avant de décoller pour son record du monde
© Fulgur, Actualités belges LV Gregorius


Mais les records sont fait pour être battus. Dès le lendemain, les journaux et radios annoncent qu'une autre aviatrice française, Andrée Dupeyron, vient de battre ce record en y ajoutant 250 kilomètres !

Quoiqu'il en soit, c'est 2 records successifs renforcent la réputation internationale de l'aviation féminine française.

Pour rappel, Amelia Earhart avait parcouru 3940 kilomètres entre Los Angeles et New York le 25 août 1932 à bord d'un Véga Pratt de 450 Cv.

Le 2 et 3 juin 1938, elle parcourt les 4250 kilomètres entre Istres et Dakar (Sénégal) en 21 heures et 20 minutes. Le record mondial de distance de Mme Dupeyron reste imbattu...


Elisabeth Lion à l'honneur*
Elisabeth Lion à l'honneur*
Elisabeth Lion à l'honneur
© Agence Trampus - Sipho
Le 29 décembre 1938, Guy Lachambre, ministre de l'air, remet à Elisabeth Lion, le grade de Chevalier de la Légion d'Honneur.

En 1945, Charles Tillon, ministre de l’Air communiste du Gouvernement de Gaulle, décide de créer un corps de pilotes militaires féminins, à l’instar de l’Union Soviétique. Il convie alors les meilleures aviatrices françaises du moment, à savoir : Maryse Bastié, Maryse Hilsz, Élisabeth Boselli, Anne-Marie Imbrecq, Élisabeth Lion.... Après un entraînement à Châteauroux et un cycle d'étude à l'école des moniteurs de Tours (spécialisée dans la voltige), ces 5 femmes pilotes exceptionnelles sont intégrées dans l'Armée de l'Air.

C'est d'ailleurs Maryse Hilsz qui surnommera Elisabeth Lion : "La lionne", en raison de son air décidé, de sa chevelure entre le blond et le roux gonflée par le vent.

En février 1946, il est mis fin aux les vols d'entraînement féminins en raison des réductions budgétaires et de l'accident mortel de Maryse Hilsz survenu le 30 janvier. L'expérience du recrutement de femmes dans l'Armée de l'Air s'arrête en juillet 1946, avec le départ de Charles Tillon du Gouvernement Félix Gouin.

Difficile de savoir ce que devient "La lionne" lors des 42 dernières années de sa vie, entre 1946 et ce 9 janvier 1988 où elle tire sa révérence....



Modifié le 28/01/2010
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