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Auteur : Guy LEPINE - Sun, 23 Jul 2017 14:34:25 +0200
DROMART Marie-Louise

Marie-Louise
DROMART


Marie-Louise
DROMART

Une héroïque poétesse de Haybes


Période 1922-1937 - Au sommet de son art


     Marie Louise Dromart se consacre maintenant entièrement à l’écriture de ses poèmes. En 1924, elle reçoit le prix Archon-Desperouses, prix décerné par l’Académie Française pour son ouvrage le “ Bel Eté ”. Ce recueil de poèmes alors encore à l’état de cahier, avait le 24 août 1914 été pris par l’ennemi et rendu par la suite grâce à l’intervention d’un officier (5). 


Extrait de Bel été
Extrait de "Bel été"
Extrait de Bel été
Extrait de "Bel été"
Extrait de Bel été
Extrait de "Bel été"


     Début 1926, la Poétesse termine l’écriture d’un recueil de sonnets : “ Sous mes Pipeaux fleuris ”. Cette œuvre est présentée la même année au concours de l’Académie des Jeux Floraux de Toulouse et d’emblée récompensée par un Laurier de vermeil. (9) Récompense la plus haute, le Laurier est destiné à la meilleure pièce du concours annuel. Cette œuvre est également couronnée par l’Académie Française.

     Par un courrier daté du 31 mai 1926, Marie Louise Dromart dépose sa candidature au sociétariat de la Société des Gens de Lettres de France (Elle y est adhérente depuis 1914). Sont jointes à cette demande, les apostilles de recommandation de ses deux parrains, George Leconte, secrétaire perpétuel de l’Académie française et d’autre part, Pierre de Nolhac également académicien. Marie Louise Dromart est admise fin 1926 dans cette prestigieuse Société, qui en son temps a accueilli des auteurs tels que :Balzac, Alphonse Daudet, Alexandre Dumas père et fils, Théophile Gautier, José-Maria de Heredia, Victor Hugo, Stéphane Mallarmé, Guy de Maupassant, Edmond Rostand, George Sand, Sarah Bernhardt, Eugène Sue, Sully Prudhomme, Verlaine, Zola.…et d’autres encore bien connus. C’est dire le niveau d’excellence dans la poésie ou la littérature qu’il fallait atteindre pour être admis dans cette Société littéraire. (3)


Société des Gens de Lettres de France. Hôtel de Massa
Société des Gens de Lettres de France. Hôtel de Massa
Société des Gens de Lettres de France. Hôtel de Massa
Société des Gens de Lettres de France. Hôtel de Massa
Société des Gens de Lettres de France. Hôtel de Massa
Société des Gens de Lettres de France. Hôtel de Massa


     C’est en 1928 que Marie Louise Dromart présente deux œuvres au concours de l’Académie des Jeux Floraux : “ Dans le jardin de Pierre Loti ”, œuvre élégiaque pour laquelle elle obtient le Souci, prix du genre et une Eglantine d’argent, prix du genre pour son recueil de sonnets “ Le Cortège des mois ”. (9)

     Courant 1929 elle termine l’écriture de deux recueils de poèmes : “ Dans le sillage de l’Oiseau blanc ”, et “la Pantoufle de Cendrillon ”.

     Et puis en 1930, la parution de “ L’Allée aux fantômes ”, ouvrage en préparation depuis 1926, va marquer un tournant dans la carrière de la Poétesse. Ce livre d’après André Payer, est le livre le plus accompli écrit par Marie Louise Dromart, dont les poèmes orchestrent les pathétiques méditations(1). Récompensée par le prix de la Société des Gens de Lettres de France -le prix Capuran en 1931- cette œuvre est le troisième volet d’un tryptique (1) formé par “ le Front Voilé ”, “ le Bel Eté ” et l’Allée aux fantômes ”.

     Toujours pour André Payer, “ les trois visages du poète s’y dessinent, en filigrane, comme ses trois saisons : l’adolescente, la jeune femme, la femme ” (1). Mais cette femme qui a toujours à l’esprit la pensée quasi obsédante de la mort, trouve en l’amour la seule arme pour la combattre(1). Ces deux thèmes forts vont se retrouver tout au long des œuvres de Marie Louise Dromart, dont certaines sont dédiées à ses enfants, sa sœur défunte, son mari, ses parents.


Extrait de l'Allée aux Fantômes
Extrait de l'Allée aux Fantômes
Extrait de l'Allée aux Fantômes
Extrait de l'Allée aux Fantômes
Extrait de l'Allée aux Fantômes
Extrait de l'Allée aux Fantômes


     Cette même année, elle est élue vice-présidente de la Société des Poètes Français. Cette société, fondée en 1902 par José Maria de Heredia, Sully Prudhomme et Léon Dierx a pour but de promouvoir partout en France la poésie d'expression française. (7)

     Un second Laurier de Vermeil lui est décerné en 1931 pour un ouvrage présenté à l’Académie des Jeux Floraux, ouvrage sous forme d’ode “ Sur un vers de Joachim du Bellay ”… Toujours la même année, elle obtient, de nouveau, le Souci, Prix du genre, pour “ le Jardin pensif ” qui est une églogue, mais également une mention honorable pour l’élégie “ Stances d’Automne ”. (9)


Extrait du Midi socialiste du 5 mai 1934
Extrait du Midi socialiste du 5 mai 1934
Extrait du Midi socialiste du 5 mai 1934
Extrait du Midi socialiste du 5 mai 1934
Extrait du Midi socialiste du 5 mai 1934
Extrait du Midi socialiste du 5 mai 1934
     Une tradition à l’Académie des Jeux Floraux de Toulouse établie depuis 1528 veut que chaque 3 mai, l’Eloge de Clémence Isaure soit confié à un poète déjà primé. En 1934, cette lourde tâche mais aussi cet honneur échoient à notre Poétesse. L’Eloge de Clémence Isaure est lu en Séance solennelle le 3 mai 1934 devant les Académiciens par Marie Louise Dromart, Maître ès Jeux Floraux. Le titre honorifique de Maître ès Jeux Floraux lui a été décerné à la suite des récompenses obtenues, et plus particulièrement par le fait d’avoir mérité deux Lauriers de Vermeil. Son nom s’ajoute désormais à la liste des “ Grands ” Maîtres ès Jeux Floraux à l’égal de Ronsard, Chateaubriand, Voltaire, Alfred de Vigny, Victor Hugo…. (9)

     La renommée, voire le succès de Marie Louise Dromart dans le milieu littéraire parisien mais aussi au delà n’est plus à démontrer. Ses œuvres sont bien accueillies et appréciées des critiques littéraires, (2) ce qui va d’ailleurs inciter Radio Paris à les diffuser sur ses ondes vers 1935/1936.(3)

     En septembre 1937, il est prévu un déplacement à Haybes de l’association “ L’Ardenne à Paris ”, dont Marie Louise Dromart est membre et bienfaitrice depuis sa création en 1929. La Poétesse, malade depuis déjà quelques mois n’y assiste pas. La maladie est là, qui quelques semaines plus tard va l’emporter. Paul Leclers, alors secrétaire de la Société des Ecrivains Ardennais apportera quelques jours après un émouvant témoignage suite au décès de la Poétesse : “ Marie Louise Dromart venait de m’écrire pour m’apprendre qu’elle entrait en clinique où elle devait subir une “ petite opération ”. Elle avait beaucoup souffert depuis de longs mois, elle avait déjà subi une intervention chirurgicale et elle espérait vivre quand, depuis tant de semaines nous lisions la mort sur son visage ”.(6)

     La Poétesse décède le samedi 23 octobre 1937 en son domicile parisien du 5 rue Changarnier à l’âge de 57 ans. Les journaux parisiens et ardennais vont en faire un large écho. La nouvelle se répand comme une trainée de poudre tant dans les milieux littéraires parisiens que dans les Ardennes.


Annonce dans la presse parisienne du décès de Marie Louise Dromart
Annonce dans la presse parisienne du décès de Marie Louise Dromart
Annonce dans la presse parisienne du décès de Marie Louise Dromart
Annonce dans la presse parisienne du décès de Marie Louise Dromart
Annonce dans la presse parisienne du décès de Marie Louise Dromart
Annonce dans la presse parisienne du décès de Marie Louise Dromart


     Si le monde littéraire est en deuil, les Haybois viennent de perdre leur héroïne !

     Une cérémonie en l’église de l’Immaculée Conception, sise au 34 rue du Rendez-Vous à Paris à lieu le mardi 26 octobre à 9 heures, avant le départ pour Haybes de la dépouille mortelle de Marie Louise Dromart. Dans l’assistance nombreuse et recueillie, beaucoup de personnalités sont venues rendre un dernier hommage à la Poétesse : Lucien Hubert, ancien ministre, sénateur et président du Conseil Général des Ardennes, les membres du bureau de la société des Ecrivains Ardennais, dont André Payer, vice-président, des représentants de l’Ardenne à Paris, de la Société des Gens de Lettres de France, de la société des Poètes, des Décorés de la Légion d’Honneur au péril de leur vie, etc.. (3 & 6)

     A l’issue de la cérémonie, c’est sur le parvis de l’église et sous une pluie battante que la très nombreuse assistance écoute plusieurs discours prononcés par les représentants des diverses sociétés. Si les délégués de “ la Revue des Poètes ”, des “ Poètes Français ”, de la “ Société des Gens de Lettres de France ”, rappellent le talent, la sensibilité et l’excellence de Marie Louise Dromart, le colonel Josse, président des “ Décorés de la Légion d’Honneur au péril de leur vie ”, s’attarde quant à lui à évoquer l’héroïne de 1914, l’infirmière qui devant l’ennemi a su développer autant de noblesse d’esprit que de fermeté de caractère. C’est Paul Leclers, qui au nom de “ L’Ardenne à Paris ” clôture la cérémonie. Dans ses propos, il souligne la bonté et la générosité avec lesquelles Marie Louise Dromart accueillait les demandes de l’association en faveur des malheureux ou des déshérités. (3 & 6)

     Le lendemain, c’est au tour des Haybois de rendre un dernier hommage à leur Héroïne. Après un service en l’église St Pierre et St Paul, la communauté Hayboise accompagne “ Une des leurs ” à sa dernière demeure. Le cimetière ne peut alors contenir toute la foule. Tout Haybes est là, rassemblé derrière son maire Louis Bouvard et le conseil municipal. Tous écoutent Henri Dacremont, qui au nom de la société des Ecrivains Ardennais, retrace la vie de la Poétesse par un discours qui “ par ses phrases cadencées et ses évocations aura été le parfait salut de la vie que la Morte aura souhaité à son départ ” (sic) ((3, 1 & 6)

     La tristesse des Haybois est à la mesure de l’estime et de la reconnaissance qu’ils portent à celle qui, vingt ans plus tôt, les a aidés, protégés et réconfortés lors des dramatiques et dures journées d’août 1914.

     Depuis maintenant 72 ans Marie Louise Dromart repose dans sa terre natale, au pied du “ verdeau ” de l’ardoisière de l’Espérance, paysage ardoisier qu’elle avait si bien décrit dans “ L’ardoisière abandonnée ”.

     Son souvenir s’est peu à peu estompé, peu de Haybois connaissent maintenant l’histoire de cette “ enfant de Haybes ” touchée par la Muse de la poésie.

     C’est donc tout naturellement que Maître Marie-Louise Dromart, par les derniers vers de sa poésie intitulée “ Haybes ”, nous amène à la conclusion cette rapide biographie.

“ Et qui sait si, plus tard, quand la nuit du Trépas
Resserrera sur moi son étreinte muette,
Qui sait si tes échos, alors, ne diront pas
A ceux qui marcheront dans l’ombre de mes pas :
Comme Athène eut ses dieux, Haybes eut son poète !... ”


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Guy LEPINE



Modifié le 19/01/2010
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