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Auteur : Laurent ROYER - Sun, 23 Jul 2017 14:35:03 +0200
LIÉBAUT Albert

Albert
LIÉBAUT


Albert
LIÉBAUT

Sa Biographie


L'ascension


Albert Liébaut est né à Bordeaux (Gironde) le 20 mars 1862.

Il est le fils unique d'une famille extrêmement modeste. Son père, Michel, fut d'abord charpentier de la Marine à Rochefort, avant d'être ouvrier-charpentier dans les chantiers navals à Bordeaux. Il gagne 1,50 anciens francs par jour en 1850. Une chute violente dans le chantier, lui a creusé une large et profonde cicatrice au travers du visage. Sa mère est une demoiselle Suzanne Vigneau, dont on ne sait à ce jour pas grand-chose, si ce n'est qu'elle est de santé fragile.

Comme beaucoup d'enfants des classes populaires de l'époque, Albert est sorti très vite du circuit scolaire pour rentrer à l'âge de 13 ans en apprentissage chez un mouleur fondeur à Bordeaux. Il travaille toute la journée derrière une grande vitre qui donne sur la rue. Son ancien instituteur, à la retraite ou presque, passe dans le quartier 4 fois par jour, et voit ce gamin qu'il avait eu en classe, derrière la vitre, s'éreinter dans la chaleur étouffante de l'atelier.

Trouvant cette situation trop dommage, l'instituteur harcèle le père d'Albert : “Enfin écoutez, vous n'allez pas laisser ce gosse faire ce métier. Il est si intelligent. Faites lui faire des études”. Tant et si bien que le papa se laisse convaincre. Il faut dire que l'instituteur croit au potentiel de l'enfant, car il s'engage à faire l'instruction d'Albert, tous les soirs après son apprentissage, à titre totalement gracieux.

Un an plus tard, à 14 ans, Albert passe des examens et il est accepté à l'école des Arts-et-métiers d'Angers. Il obtient une bourse de la ville de Bordeaux. En, 1877, il a 15 ans et il termine major de sa promotion, dès la première année. Vers 1878-1879, son parcours est tellement brillant que son école lui propose d'aller plus loin et lui suggère de faire "Centrale" à Paris. Pour le féliciter, on lui offre un album avec tous les dessins techniques qu'il a pu faire dans le cadre de ses études. Une vraie merveille reliée. A cette époque, un certain nombre de gadz'Arts pouvaient parfaire leur cursus d'ingénieur à l'école Centrale. C'est décidé, c'est ce qu'il ferait.

Il a 17 ou 18 ans, quand il annonce à ses parents que son destin passerait par la Capitale. Son père le traite de "cinglé". Avec le diplôme qu'il a déjà, il peut obtenir facilement une place de dessinateur à la Compagnie ferroviaire du Midi. C'est un raisonnement somme toute très pragmatique.

Mais Albert s'installe boulevard Beaumarchais à Paris, dans les combles d'un immeuble. Il y vivra pendant 3 ans dans des conditions extrêmement pénibles, ne mangeant pas forcément tous les jours, vivant des leçons particulières qu'il dispense et de stages pendant les vacances. Il ne réclamera pas un sou à ses parents. Ses études sont financées par une bourse obtenue conjointement de l'état, de la ville de Bordeaux et de la ville d'Angers. La peine est finalement récompensée, puisqu'il sort avec un diplôme d'ingénieur "Centralien" en poche.

Pendant ses études à Centrale, Albert fait un stage de vacances sur le projet de la Tour Eiffel, bien avant sa construction qui commencera en 1887 et se finira pour l'exposition universelle de 1889. Il est au département "ascenseurs", mais son travail est de définir l'emmarchement des escaliers. Pour dire à quel point Albert est doué pour le dessin technique, son fils André racontera une anecdote à l'occasion d'un autre stage de vacances de 2 mois, en tant que dessinateur-stagiaire centralien sur le Pont de Cubzac. Ce projet de pont à poutres métalliques de la ligne Paris-Bordeaux, qui passe au-dessus de la Dordogne, à Libourne, remplacera le pont précédent qui s'est effondré en 1869. Le concept est assez novateur, dans le sens où il fait appel pour la première fois à une technique dite "des cloches". Le contenu du stage est donc ultra-secret. A son embauche, Albert doit certifier sur l'honneur, qu'aucun dessin ou note ne sortirait des bureaux. Passionné par sa mission, Albert continue cependant à travailler sur son stage, le soir dans son logement, et redessine pour cela de mémoire tout ce qu'il a pu faire dans la journée. Au bout des 2 mois, quand il va prendre congé de son Ingénieur en chef, il ne peut s'empêcher de présenter ses dessins. Le chef est outré, car il est persuadé qu'Albert a failli à ses engagements de confidentialité.

“Mais, je n'ai pas pris une seule note ! J'ai tout reconstitué de mémoire...”


Croquis du nouveau pont de Cubzac
Croquis du nouveau pont de Cubzac
Croquis du nouveau pont de Cubzac
Croquis du nouveau pont de Cubzac
Croquis du nouveau pont de Cubzac
Croquis du nouveau pont de Cubzac


L'ingénieur en chef est tellement impressionné qu'il lui propose un poste dès sa sortie de l'école Centrale. Mais finalement, il n'en sera rien. La première embauche d'Albert s'effectuera vers 1883 sur Rouen (en Seine maritime), avec un patron relativement dur qui ne lui octroie qu'une heure au cours d'un voyage d'affaire à Bordeaux, pour rendre visite à ses parents qu'il n'a pas vus depuis son départ à Paris, c'est-à-dire depuis plus de 3 ans !

Modifié le 21/10/2006
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