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Auteur : Laurent ROYER - Sun, 23 Jul 2017 14:38:19 +0200

Edmond DROMART


Edmond DROMART

Tu sais... genre inventeur...


L'héritage d'Edmond


Les héritiers n'étaient au courant de rien concernant les affaires d'Edmond. Ils ne savaient pas s’il était de leur intérêt d’accepter une situation, qui ne semblait pas prospère du tout. Toujours en 1903, pendant cette période d'hésitation, leur parvint une lettre de la Société des Agriculteurs de France, signée de Vogüé. Ce personnage très important, Comte puis Marquis Charles Jean Melchior de Vogüé, ambassadeur de France en Russie à Saint-Pétersbourg en 1849 (il introduisit en France les Grands Romans Russe : Tolstoï ou Dostoievsky), académicien depuis 1901, présidait la Société des Agriculteurs de France, une très importante entreprise. Cette lettre disait en substance : “je trouve dans les archives de la Société des Agriculteurs que vous avez reçu en 1867, un prix pour une invention de distillation du bois. Qu'est-elle devenue, parce que ça serait susceptible de m'intéresser ?”

Vincent et Alexis, les héritiers, prirent de suite rendez-vous avec Monsieur de Vogüé. Ils se vêtirent de leurs landrilles et jaquettes pour le rencontrer, lui qui était un personnage à cravate impeccable.

Ce fut un dimanche matin que Monsieur de Vogüé les rencontra entre deux trains. L’entretien se déroula fort bien, et ils conclurent un accord.

La famille de Vogüé investissa de l'argent dans cette affaire et ils constituèrent la Société des Produits Pyroligneux (anciennement société Dromart et Cie). Les Vogüé possédaient des forêts énormes dans la Nièvre, région de Nevers. Le prix du bois avait chuté de façon considérable, par conséquent la distillation du bois représentait la meilleure façon de le valoriser. C’est ainsi que l’Usine de Haybes dans les Ardennes prit une autre dimension. Puis ils créérent les usines de Ivoy-le-Pré et la Guerche-sur-l'Aubois dans le Cher (18) pas loin de Nevers dans la Nièvre (58) où le bois, provenant des forêts de la famille de Vogüé, a pu être exploité.
Jusqu’en 1914, au commencement de la guerre, les usines marchaient très bien.



L'usine des pyroligneux à Haybes
L'usine des pyroligneux à Haybes
L'usine des pyroligneux à Haybes
L'usine des pyroligneux à Haybes
L'usine des pyroligneux à Haybes
L'usine des pyroligneux à Haybes
Alexis vivait à Haybes, non loin de l'usine dont il devint le directeur. Il a épousé Marie-Louise Grès, poétesse récompensée par le grand prix “Archon-Despérousses” décerné par l'Académie Française pour "Le Bel été" (1925) et "Sur mes Pipeaux Fleuris" (1928). Elle fut par ailleurs médaillée de la légion d'honneur pour ses actes de bravoure au service de la Croix-Rouge durant la guerre de 1914, qu'elle raconte dans un livre poignant : "Sur le chemin du calvaire" (1920).

Au tout début de la guerre, le village de Haybes est envahi et détruit par les Allemands. 120 personnes ont été massacrées dans des conditions épouvantables.

La veuve d’Edmond Dromart repartit dans les Landes chez sa sœur Jeanne-Marie (dite Marie), dans son ancien domaine d'Escource. Mais c’était une charge trop importante pour les deux vieilles dames qui vivaient désormais ensemble. Pour assurer leurs vieux jours, elles pensèrent faire une bonne affaire en vendant vers 1917/1918, le domaine d’environ 800 hectares, en viager à un "marchand de biens", qui malheureusement s'avéra fort peu scrupuleux. Elles ont alors annoncé la nouvelle innocemment à leurs enfants, précisant qu'elles iraient désormais vivre à la pension de la soeur Epiphanie, à Dax, où elles n'auraient pas d'histoires. Elles se sont vraiment faites "escroquer", en vendant ce domaine pour une "croûte de pain".

Les successeurs ont loti le domaine. La maison a été démolie. Il ne reste rien !

La Société des Produits Pyroligneux, fondée en 1903 a très bien fonctionné sans histoire jusqu'en 1914. Puis, elle s’est vue concurrencée dans les années 30 par des produits synthétiques allemands. Ils n'étaient alors plus que 5 ou 6 fabricants français. Ils ont essayé de trouver un accord avec les Allemands, mais la production française générale diminuait. Les Dromart étant les plus faibles, l'affaire a été revendue dans des conditions défavorables...

L'usines de Haybes*, une fois revendue, deviendra la fonderie "Bouvart". Puis les bâtiments seront totalement rasés dans les années 1980, sauf les écuries. Pour cause de pollution du terrain, le domaine restera inconstructible. Les écuries seront restaurées pour abriter la "maison des randonnées". 

Longeant la Meuse, et conduisant aux anciennes usines, la rue "Edmond Dromart" à Haybes perpétue ainsi la mémoire de cet homme qui à l'époque contribua pour une bonne part à l'activité économique de cette ville.

Modifié le 20/08/2009
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