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Auteur : Laurent ROYER - Mon, 24 Apr 2017 17:17:04 +0200

Edmond DROMART


Edmond DROMART

Tu sais... genre inventeur...


Documents d'archive sur l'appareil Dromart


Description à l'exposition Universelle de 1867 - Paris : 

La fabrication des charbons est une industrie accessoire fort importante pour l'agriculture ; nous devons donc attirer l'attention des agriculteurs sur un procédé qui tend à rendre cette fabrication aussi économique que possible.

Les procédés ordinaires de carbonisation sont loin de donner la quantité de charbon qu'on pourrait obtenir par des procédés perfectionnés ; ainsi, dans les forêts, on n'obtient ordinairement en charbon que 25 à 30 pour 100 du volume du bois employé, tandis qu'on pourrait obtenir jusqu'à 60 pour 100 par le procédé inventé et expérimenté par M. E. Dromart.

L'appareil qu'il a inventé a la forme d'un dôme, ayant 8m25 à la base, et 4m50 en hauteur ; il est couronné par une cheminée de 1 mètre de hauteur sur 0m76 de diamètre, qui porte une tubulure dans laquelle on fait du feu dès le commencement de l'opération pour rendre le tirage plus aclif. La charpente du dôme est formée d'une couronne en fonte sur laquelle se visse la cheminée ; d'un cercle en fer à cornière serrant de base et se plaçant sur le sol, et de seize montants en fer à double cornière qui relie ces deux pièces. Les vides entre les montants se ferment hermétiquement par des panneaux en tôle maintenus sur les ailes des seize membrures, à l'aide de broches coniques transversales qui les serrent fortement. Toutes les applications se font avec de l'argile détrempée et plus ou moins pétrie. On couvre le four avec ces manteaux en tôle fine, pour empêcher la pluie de le refroidir pendant que la carbonisation s'opère. Le manteau porte sur les nervures des montants, et il laisse entre lui et le four une couche d'air de 0m04. On recouvre l'appareil d'une couche de terre et de gazon jusqu'à 2 mètres de hauteur.

Pour charger et décharger le four, on ménage trois portes également espacées l'une de l'autre ; on les ferme hermétiquement avec un joint d'argile et des barres transversales arrêtées par de fortes pattes.

Le foyer dans lequel a lieu le chauffage est en fonte, doublée de terre réfractaire; il est placé eu dessous du four. La longueur est de 1m50, et un grillage allant jusqu'au milieu facilite la combustion . Il communique avec dix tubes qui s'étendent en éventail, de façon à transmettre le calorique sur toute la surface du four.

Ces tubes distributeurs sont rectangulaires. Les plus près du foyer sont en terre réfractaire, les plus éloignés sont en fonte. Ils s'emboîtent les uns dans les autres comme des tuyaux de conduite d'eau, et ils portent sur leurs faces verticales des orifices ou bouches de chaleur de 0m04 de diamètre par lesquelles les gaz s'échappent. C'est en ouvrant ou en fermant ces ouvertures qu'on régularise la carbonisation sur toute la surface du four. Ces renseignements sommaires, que nous tenons de l'exposant, suffiront pour donner une idée de l'ingénieuse disposition imaginée par M. Dromart.

Les échantillons de charbon exposés prouvent suffisamment que ce système de carbonisation est de beaucoup supérieur aux systèmes en usage. D'après les expériences faites par l'inventeur, on obtient un rendement double en charbon ; on a en outre la faculté de pouvoir carboniser en toute saison.

(Rapports du Jury international de l'exposition universelle de Paris en 1867, publiés sous la direction de Michel Chevalier - Membre de la commission impériale - Tome 12 (Les classés de 74 à 88) - § 3. — Fabrication des charbons).


Description dans le Bulletin de la Société des lettres, sciences et arts du département de la Lozère - 1868 :


Dans les circonstances ordinaires on ne retire guère en charbon plus de 30 p. 100 du volume du bois traité. Ainsi M. Dromart, ingénieur civil à Solférino (Landes), a-t-il imaginé un appareil dans lequel il s'est attaché, indépendamment des condilions, indispensables dans la pratique, de carbonisation sur place et de l'emploi d'agents ne possédant pas une habileté et des connaissances spéciales, à obtenir d'un volume de bois donné une quantité de charbon notablement plus considérable et en bien moins de temps que pour les procédés habituels. Voici comment cet appareil est décrit dans le Journal de l'Agriculture :

II n'a pas de fond ; il est simplement posé sur le sol de la forêt. Seize montants en fer, à double cornière et équidistants, disposés en dôme, aboutissent par leur partie inférieure à un cercle en fer cornièré, et par leur partie supérieure, à un cercle de fonte, sur lequel on visse la cheminée; cette dernière est munie d'une tubulure dans laquelle on fait du feu au début de l'opération, afin d'activer l'allumage qui autrement serait très lent. Les espaces séparant les montants sont remplis par des plaques de tôle s'appuyant sur les ailes de ceux-ci, et qui y sont fortement maintenues par des bouches coniques. Afin d'éviter le refroidissement, une double enveloppe en tôle mince recouvre l'appareil en s'appuyant seulement sur les nervures des montants. Elle laisse ainsi autour de la paroi du four une cheminée d'air de 0m04. Le foyer a 1m50 de longueur, et la grille n'occupe que la moitié antérieure de cet espace ; il est en fonte doublée de terre réfractaire, et se trouve en contre-bas du corps du four. Il communique avec un certain nombre de conduits rectangulaires qui rayonnent sur toute la surface du four et qui ont pour objet d'en distribuer uniformément le colorique par des orifices dont ils sont munis de distance en distance. On ouvre ou l'on ferme ces ouvertures selon que la carbonisation est trop lente ou trop active. Le chargement et le déchargement du four s'opèrent par trois portes latérales que l'on ferme à l'aide de barres de fer s'engageant dans des supports fixes; les joints sont rendus hermétiques par de l'argile. La partie inférieure du four est munie d'un certain nombre de prises d'air, que l'on a soin de ne pas obstruer lorsque l'on charge le bois, et qui sont destinées à activer le refroidissement. Les espaces existant entre les divers morceaux doivent être aussi réguliers que possible afin que la carbonisation s'effectue avec précision.

Une fois le four chargé, on ferme les portes, ainsi que les prises d'air, en calfeutrant les unes et les autres avec de la terre, puis l'on allume le feu dans le foyer, et on ne cesse pas de le pousser jusqu'à la fin de l'opération, afin d'avoir un meilleur rendement en charbon. Comme au début le tirage se fait définitivement, attendu que le bois est presque toujours humide, on fait du feu dans une tubulure spéciale pendant une heure ou deux. Les grandes dimensions données au foyer sont destinées à permettre d'utiliser comme combustible les branchages et autres déchets que l'on trouve sur le lieu de l'opération, qui ne pourraient être utilisés autrement et n'ont aucune valeur commerciale ; il en résulte une grande économie. Une température de 330 degrés est suffisante pour effectuer la carbonisation si le produit est destiné aux hauts fourneaux, et s'il doit être affecté à l'usage domestique, il est bon de laisser atteindre au four la température de 420 degrés. Pour permettre de reconnaître la température régnant dans le four, il a suffi à M. Dromart de disposer dans la partie opposée au foyer des éprouvettes au bout desquelles on place de petits morceaux de plomb ou de zinc, les points de fusion de ces métaux correspondanl aux deux températures qui viennent d'être indiquées.

On reconnaît que la carbonisation est terminée, lorsque la fumée s'échappe claire et peu abondante de la cheminée, c'est- à-dire qu'elle ne contient plus de vapeur d'eau ni de fumées de goudrons. La durée de l'opération varie du reste suivant l'essence du bois que l'on traite et sans degré de siccité. Au bout de 6 à 8 heures, les gaz ont entièrement disparu du four. Il s'agit alors de faire refroidir celui-ci; pour cela on bouche hermétiquement le foyer, et on ouvre les bases inférieures afin de produire une circulation d'air froid dans la double enveloppe. Le refroidissement demande de 40 à 50 heures. On peut alors procéder au déchargement du four; on ouvre la cheminée et toutes les portes, et il n'y a plus aucun danger à pénétrer dans l'appareil.

Cet appareil, outre ses avantages économiques, est à l'abri des risques d'explosion des meules, qui avait fait défendre de carboniser pendant l'été dans les forêts d'arbres résineux, de sorte que l'on ne pouvait plus le faire que dans la saison la plus désavantageuse. Au point de vue économique, il résulterait, d'expériences faites par l'inventeur, que le bénéfice n'est pas moindre de 50 p. 100 : Les produits seraient du reste de la meilleure qualité. D'après d'autres expériences rapportées par la feuille précitée, le rendement aurait été, suivant l'essence des bois et leur degré de siccilé, de 55 à 65 p. 100, tandis qu'il n'est que de 30 par le procédé ordinaire; la durée de l'opération a été de 24 à 48 heures. D'après la même feuille, dans un de ses appareils qu'il a exécuté récemment, M. Dromart a eu l'idée de donner au foyer une capacité double de celle indiquée ci-dessus; cette modification a réduit de moitié la durée de l'opération, sans diminuer le rendement.

(Bulletin de la Société des lettres, sciences et arts du département de la Lozère - Tome XIX - 1868 - Appareil pour la carbonisation du bois en forêt).


Selon M. Larzillière  (sous-inspecteur des forêts) - 1878 :

L'appareil Dromart se compose d'une cage en forme de dôme, composé de plaques de fortes tôles montées sur un bâti en fonte. La partie supérieure se termine par une cheminée munie d'un couvercle mobile ; la partie inférieure est ouverte et la cage se pose simplement sur une aire préparée comme pour une meule ordinaire. Dans cette aire, on établit d'ailleurs préalablement, en maçonnerie de brique et d'argile, un foyer qui, sans communiquer avec l'intérieur de la cage, y fait pénétrer la chaleur par une série de conduits convenablement disposés à la surface du sol et dont quelques uns sont recouverts de plaques de fonte.

La cage s'emplit de bois au moyen d'une porte ménagée sur le côté ; on allume le foyer et la carbonisation ne tarde pas à se produire. Lorsque des vapeurs de couleurs rouge commencent à se dégager, on éteint le feu, on ferme la cheminée et on laisse refroidir le tout.

Le four de M. Dromart, tel que cet ingénieur le construit aujourd'hui, contient 20 stères et à 4 m de diamètre à la base.
Le poids et les dimensions des diverses pièces entrant dans la construction, ont été calculés de façon que le transport en soit facile.
Il a été employé pendant plusieurs années dans les Landes et il résulte de diverses expériences, notamment de celle faite en 1870 par M. Roux, garde général des forêts, que le rendement en charbon est au moins de 25 % du poids du bois employé.

Cet appareil, pas plus que celui de Mr. Moreau, ne s'est encore répandu dans la pratique. Nous doutons même que les fours de ce genre n’arrivent jamais à être d'un usage général*, car ils entraînent une mise de fonds et des frais qui compensent en grande partie la plus value réalisée sur la production du charbon. Ils pourraient toutefois trouver un emploi fort utile dans certaines circonstances, notamment pour la carbonisation des brindilles et des menus arbrisseaux que les marchands de bois et les propriétaires des forêts ne savent trop souvent comment utiliser. Ainsi, la Compagnie des Forges d'Audincourt, dont nous avons déjà parlé, a-t-elle, après divers essais, continué à suivre le procédé des meules pour la carbonisation des bois de grosseur ordinaire tout en adoptant un four d'une forme rappelant celle de l'appareil Moreau, pour confectionner avec les bourrées un charbon dont elle tire bon parti. Dans les contrées, comme les Landes et la région des Maures et de l'Esterel, où se trouvent des quantités immenses de bruyères et de mort-bois, qu'on est parfois obligé de détruire à grands frais, des appareils de ce genre pourraient rendre des services incontestables...." (....)

( Extrait de : M. Larzillière (sous-inspecteur des forêts), Notice sur le débit des bois de feu, leur mode de vente et les procédés de carbonisation usités en France. Exposition Universelle de 1878 - Ministère de l'Agriculture et du Commerce - Administration des Forêts. Paris, Imprimerie Nationale, 1878)

* : En réalité ce type de four sera utilisé, tant dans des usines de pyroligneux, que des fonderies....

Modifié le 20/08/2009
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